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Mektoub, My Love : Intermezzo : chronique d’un scandale cannois

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Avertissement : cet article contient quelques « spoilers ». Je préfère le dire, même s’il n’y a pas grand chose à gâcher (voire rien du tout). Et puis, qui sait, vous ne verrez peut être jamais ce film en salle, ou du moins, pas exactement dans la même mouture. Il est difficile de faire une critique de Mektoub, My Love : Intermezzo . C’est pourquoi je préfère vous partager mon expérience lors de cette soirée cannoise du scandale. Mektoub, My Love : Canto Uno , premier volet de la trilogie sorti l’année passée, m’avait bouleversée. C’est un film que je vous conseille vivement, tant il est d’une beauté rare et d’une justesse inégalable. Kechiche était au sommet de son art. Cette année, lorsque j’apprends que le deuxième volet sera projeté à Cannes, mon cœur s’emballe. Ce film fait alors partie de mes plus grosses attentes du Festival. Par chance, j’obtiens avec ma sœur des invitations pour le gala de 22h où l’équipe du film et Abdellatif Kechi...

Matthias et Maxime: d'amitié et d'amour

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Il y a quelques jours, Xavier Dolan présentait son dernier film Matthias et Maxime au Festival de Cannes.  Et ce, alors que son précédent film  The Death and Life of John F. Donovan n’est même pas encore sorti au Québec. Avec Matthias et Maxime , Xavier Dolan renoue avec l'essence de son cinéma en racontant une histoire d’amitié et d’amour, à la fois simple et complexe, drôle et bouleversante. Un grand film, qui me rappelle que je suis profondément « dolanienne ». Matthias et Maxime, deux amis d’enfance faisant partie d’une même bande, se retrouvent à jouer dans un court-métrage amateur où ils doivent s’embrasser. Après ce baiser, une ambiguïté s’installe entre les deux amis et bouleverse leur quotidien.  Matthias et Maxime sonne comme un retour aux sources pour Xavier Dolan. Comme un nouveau départ, une envie de se retrouver après avoir vécu des moments difficiles, à Cannes en 2016 avec Juste la fin du monde, puis à Toronto l’an passé avec...

BlacKkKlansman : où est l’émotion ?

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Appréciation : • Lorsqu’à la fin d’un film, on se rend compte que les seules images qui nous ont touchées sont celles d’archives, c’est forcément qu’il y a un problème. Spike Lee décide de parler du Ku Klux Klan avec légèreté et contourne sans cesse le cœur du conflit. Lauréat du Grand Prix au 71 e Festival de Cannes, le dernier film de Spike Lee étonne par son manque de fond et son trop plein de forme. Il faut reconnaître la patte de l’auteur et sa volonté d’enlever du drame tout en voulant faire passer un message. BlaKkKlansman est un film drôle (sûrement) qui présente chaque situation tel un jeu d’enfant. Rien n’est grave et tout est très vite résolu. Mais la légèreté du ton étouffe complètement le sujet, si bien que le Ku Klux Klan se résume à une joyeuse bande de quelques débiles qui, de temps à autre (c’est-à-dire une fois dans le film), brûle une croix. À force d’éviter la violence, Spike Lee ne parle plus de la réalité. BlaKkKlansman est une anecdot...

Burning : le mystère du feu

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Appréciation : **** Burning est un film simple, mais complexe, lumineux, mais sombre. C’est un des plus beaux films de l’année, mêlant délicatesse, poésie et secrets. Il est difficile de croire que Lee Chang-Dong est bel et bien reparti bredouille du Festival de Cannes cette année. Burning est l’adaptation de la nouvelle Les Granges brulées de Haruki Murakami. Lee Chang-Dong arrive à la transformer en deux heures de film hypnotisantes. Burning part d’une histoire simple : Jongsu (Yoo Ah-In) tombe par hasard sur une fille avec qui il était à l’école, Haemi (Jeon Jong-seo). Les deux jeunes recommencent à se fréquenter jusqu’au départ de Haemi en voyage. En revenant, elle n’est pas seule. Avec elle, Ben (Steven Yeun), un jeune homme riche qu’elle a rencontré lors de son voyage. Jongsu, qui a des sentiments naissants pour la jeune fille, est intrigué par l’arrivée de cet autre homme dans la vie de Haemi. Tout le récit est basé sur le non-dit. Les situ...